MAKEDA MANNE

Auteur : Lily Morrison-Bell

Adaptation en français : Mathias Pecastaing

 

Le parcours de Makéda Manne est aussi riche qu’optimiste; c’est en rêvant sa carrière musicale qu’elle a réussi à en faire une réalité. Ses premières scènes dans sa paroisse protestante sont un prélude à la création de son bagage musical. À 18 ans, elle étudie un an la musique en Australie, suivi d'un parcours universitaire classique pour enfin devenir journaliste. Sa passion pour les relations internationales lui assure un poste au Sénat américain, jusqu'au déclic, qui la pousse à choisir de poursuivre ses ambitions artistiques, effrayée à l'idée d'y renoncer à jamais. 

 

La genèse de cette carrière débute dès 2013, alors que Makéda Manne débute par un terrain qu'elle connaît bien, et monte un groupe de pop-gospel en 2013. Horizon Louange est né, et le succès ne tarde pas à venir. Le groupe se produit sur plusieurs centaines de scènes à travers la France dont de prestigieuses salles comme le Trianon, les Follies Bergères, le Café de la Danse ou encore le Zénith d’Auvergne. L’aventure se poursuit en Europe où l’enthousiasme ne faiblit pas; de la Belgique à la Suisse en passant par l’Italie et Israël avant de traverser l’Atlantique pour les États-Unis et le Canada.  Au delà de ses performances scéniques, Makéda s’est toujours investie dans le processus de création artistique, de l’écriture à l’organisation des tournées.

Depuis, le groupe engrange plusieurs millions de streams mais cela ne freine en rien le désir de carrière solo de sa créatrice. 

 

Sa musique devient alors une arme privilégiée pour déclamer haut et fort : “Je sais qui je suis”.

En tant que femme métisse, Makéda Manne raconte sa lutte pour s’émanciper d’une vision androcentrée et conservatrice de la place de la femme, qui plus est, noire. L’auteure-compositeure, désireuse de vivre sans se soucier des normes, puise dans ses racines et son héritage  pour nourrir son interprétation : le rock des années 60/70, le jazz, la chanson française, le gospel... 

La découverte de The Wall des Pink Floyd marque sa rencontre avec le rock, un épisode qui bouleverse son rapport à la musique, à la manière de sa première lecture de Maupassant. Le maniement des mots d'ailleurs, est pour Manne une étape essentielle de la création artistique. Et puis, il faut mentionner Jimi Hendrix, homme noir, pionnier, prodige de la guitare et icône mode, qui tient une place particulière dans son coeur.  Son audace, sur scène comme dans la vie, est une "source d'inspiration inépuisable"pour Makéda. 

 

Il y a deux ans, elle fonde son propre label Mine de Rien Records sous lequel son prochain EP sortira. Dans le même temps, Makéda Manne part à nouveau sur les routes, cette fois avec la rappeuse et activiste LGBT+ sud-africaine Dope Saint Jude. Ensemble, les scènes de quelques uns des plus grands festivals les accueillent : DOUR en Belgique, la Fête de l’Huma à Paris, Ypsigrock en Italie, le Lighthouse en Croatie…L’amitié des deux jeunes femmes renforce Makéda dans la perspective d'être une voix portant avec courage celles qui demeurent souvent bien trop silencieuses. 

 

Partir en tournée avec Horizon Louange ou Dope Saint Jude est aussi un rappel que c’est sur scène, qu’elle souhaite utiliser sa propre voix. La pandémie a eu pour effet d’interrompre les spectacles et de ce fait, de consacrer du temps à son premier EP. Le sentiment d’écrire ce que les autres souhaitent entendre, qui subsistait avant la pandémie, n’est plus. L’expression de son identité musicale s'aiguise, et c’est au travers d’histoires d’amour, de liberté et de foi qu’elle se présente au public. Cette introduction est partielle, l’histoire est bien plus longue mais il n’y a aucun doute qu’après la sortie de cet EP, le futur de Makéda Manne le sera tout autant. 

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